Les 5 de l’économie – Semaine du 10 Mai 2021

Macroéconomie

La semaine qui s’est terminée a été consacrée à l’emploi américain. Le chiffre d’avril est décevant. Alors que le consensus tablait sur plus d’un million de créations d’emplois, il n’y en a eu que 266 000. Ce mauvais chiffre s’explique à la fois par des aspects techniques (ajustement saisonnier) et par le fait que les Américains, grâce aux nombreuses mesures de soutien de la consommation qui ont permis un bond de l’épargne, peuvent désormais être plus sélectifs concernant les emplois qu’ils souhaitent occuper. Pour autant, cela ne remet pas en cause la dynamique très positive de l’économie américaine, avec une cible de PIB cette année à 7%. Il est probable que d’ici un mois ou deux le mauvais chiffre d’avril aura été complètement oublié. D’ailleurs, le marché a bien réagi lors de la séance de vendredi : il a complètement ignoré le rapport sur l’emploi américain. L’appétit au risque demeure sur les marchés actions et également sur le marché des changes, ce qui devrait notamment continuer d’avantager la monnaie unique face à l’euro. A moyen terme, nous anticipons un retour vers la zone des 1,25-1,26.

Indices – Actions

Cette semaine, l’attention va essentiellement se porter sur l’inflation aux Etats-Unis. Le sujet est moins sensible du côté européen, même si nous avons déjà plusieurs signaux indiquant que les industriels répercutent la hausse du coût des biens intermédiaires sur les prix aux consommateurs. Sans surprise, l’inflation américaine devrait continuer à augmenter. Elle devrait aisément dépasser 3% en variation annuelle, et pourrait même atteindre le seuil des 4% – soit le niveau le plus élevé depuis 2011. Certains économistes commencent déjà à parler de « stagflation » pour qualifier la période dans laquelle nous entrons. Ce terme a été utilisé pour qualifier les années 1973-75 lors que l’inflation et le chômage sont montées en flèche outre-Atlantique alors que l’activité économique chutait. C’est une erreur de langage selon nous. Une bonne part de la hausse actuelle de l’inflation est liée à l’effet de base – en lien direct avec l’effondrement du prix des matières premières il y a un an de cela. Rappelons qu’en avril 2020 le prix du baril de pétrole est entré en territoire négatif. Les producteurs ont été contraints de payer les acheteurs pour stocker du pétrole dont ils n’avaient plus besoin en plein confinement mondial. S’ajoute aussi à cela la hausse bien documentée du transport maritime, également liée à la pandémie. Pour que nous soyons dans un schéma de stagflation, selon nous, le seul scénario possible serait d’assister à une inflation salariale durable. Ce n’est clairement pas le scénario qui se dessine de ce côté-ci de l’Atlantique. Et même si nous observons une tension sur les salaires aux Etats-Unis, rien n’indique à ce stade qu’elle soit durable. Il s’agit surtout d’un phénomène conjoncturel de court terme. Même si dans une approche de gestion du risque il convient d’intégrer des actifs qui puissent couvrir contre le risque inflationniste (typiquement l’or ou les matières premières), cela ne doit pas représenter plus de 5% à 10% de son portefeuille. Les actions restent toujours le meilleur rendement. There Is No Alternative. T.I.N.A. 

Calendrier

?? 11/05 Indice ZEW du sentiment économique (Mai) en Allemagne

?? 12/05 PIB au premier trimestre au Royaume-Uni

?? 12/05 Production manufacturière (Mars)du Royaume-Uni

?? 12/05 Etats-Unis ICP core (Avril)

?? 13/05 Prix à la production (Avril) aux Etats-Unis

Bureau de recherche Financial & Macro Insights by BNVLT


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