Les 5 de l’économie – Semaine du 24 Mai 2021

Risque inflationniste ne signifie pas risque de baisse des marchés actions

Point Macro 

Le chiffre de l’inflation en zone euro en avril (à 1,6% sur un an) n’a pas vraiment provoqué de sueurs froides. Comme nous le rappelons régulièrement, le risque inflationniste est surtout une histoire américaine. En zone euro, même avec un effet de base important, elle reste drastiquement sous la cible de la BCE située à 2%. Il est probable que les chiffres de mai et de juin conduisent à ce que l’inflation se rapproche davantage des 2% mais, à l’heure actuelle, rien ne permet d’avoir un autre discours que celui de la BCE concernant l’inflation. Tout porte à croire que les tensions inflationnistes, mesurées sur le Vieux-Continent, seront transitoires. Cela ne remet pas en cause la politique monétaire actuelle de la zone euro. Les investisseurs auraient donc tort de s’attendre à une surprise de politique monétaire lors de la réunion de juin de la BCE.

Indices, Actions & Devises 

Le risque de chute des marchés financiers en lien avec les craintes inflationnistes nous paraît faible. Au cours des soixante dernières années, il y a eu cinq périodes au cours desquelles l’inflation aux Etats-Unis a augmenté au-dessus de 4% en rythme annuel. C’est seulement sur la période 1988-90 que les marchés actions ont chuté. Au cours des autres périodes, ils ont continué de progresser. Ajoutons surtout que le contexte est très différent par rapport à la fin des années 80. La croissance économique, en pourcentage, va connaître un bond énorme cette année, les résultats d’entreprises risquent dans la foulée d’être revus à la hausse, particulièrement pour les secteurs d’activité qui ont été initialement pénalisés par la pandémie et le confinement mondial. Enfin, l’intervention massive à la fois des Etats mais surtout des banques centrales change considérablement la donne. Des deux côtés de l’Atlantique, la BCE et la Réserve Fédérale américaine maintiennent un biais accommodant sur la longue durée. Même si les discussions concernant le tapering risquent de commencer dès la deuxième partie de l’année aux Etats-Unis, la perspective d’une hausse des taux est très éloignée. En zone euro, tant que le PIB n’aura pas retrouvé son niveau d’avant-crise, c’est-à-dire probablement au cours du premier trimestre 2022, il est hors de question que la BCE revienne sur son engagement de soutenir la reprise économique. Dans le pire des scénarios, nous avons donc face à nous au moins encore sept mois de politique monétaire ultra-accommodante aux Etats-Unis et en zone euro. Dans les faits, il est même vraisemblable que ce délai soit beaucoup plus long. Dans ce contexte, même si les marchés actions ont repris leur souffle la semaine passée, la tendance de fond haussière reste clairement dominante. En cela, nous ne sommes pas hors consensus. Nous pensons que les marchés actions offrent le meilleur rendement à l’avenir, avec une exposition plutôt à l’Europe et au Japon dans un premier temps.

Calendrier économique

?? 25/05 Nouvelle estimation du PIB allemand au T1

?? 25/05 Indice IFO du climat des affaires pour l’Allemagne

?? 25/05 Indice de confiance du Conference Board pour les USA

?? 27/05 Nouvelle estimation du PIB US au T1

?? 27/05 Commandes de biens durables en avril aux USA

Bureau de recherche économique et analyse financière SPAK


Sculture tête bleue

Parlez-nous de votre projet

Contactez-nous